L’histoire :

Mercédès Aciendès est une femme « Pied noir » d’origine espagnole. Elle aime et revendique sa culture, surtout face à sa fille, Mercédès, qui se fait appeler Cyndi Scott à l’école, pour faire oublier ses cheveux noirs et sa moustache naissante.
Elle découvre, un jour, dans le fond de son panier, une cassette vidéo. Il s’agit de la cassette de Nadine De Rottweiller, une bourgeoise, icône des réceptions grand luxe et de l’épilation à la cire.
Attirée par cette cassette mystérieuse, Mercédès va se retrouver, comme par enchantement, dans la peau de cette aristocrate de rallye.
C’est alors l’horreur qui va envahir la vie de la famille Aciendès, jusqu’au jour où Maurice, en mari protecteur, décide de la faire exorciser...

Site : www.mercedes-aciendes.com

Extrait :

(Mercédès vient de subir l’envoûtement d’une cassette vidéo de Nadine de Rottweiller… Elle se retrouve relookée et vêtue d’un tailleur Chanel, elle s’adresse à sa fille Mercedes)

MERCEDES : J’t’en supplie, ma fille, ne sois pas choquée... C’est une catastrophe... C’est à cause de la télé… Je n’arrive plus à me désapprêter... Mais je suis ta mère, et ça c’est là, quelque part sous mon Chanel... Je sais, c’est difficile! (Au bord des larmes) Je ne suis plus moi-même… je viens de commander une limousine pour emmener ton père au travail… C’est affreux!... je suis habitée par le superflu… même ce mot, je ne le connaissais pas!… Il y a comme une autre personne qui sous-loue mon corps, à mon insu… Il faudra être forte Mercedes… (En chuchotant) ta mère met du Shalimar! C’est la version parfum de sac, c’est affreux!...

J’ai pris rendez-vous chez le professeur Enclage pour une liposucions... du ventre... Il appelle ça cellulite! Ce sont des restes du prolétariat, c’est l’effet semoule, ça granule à la ceinture! J’ai demandé un ventre Jet Set. (Silence) Quoi? Pourquoi tu me regardes comme ça?... Elle l’a bien fait Nadine de Rottweiller... Si, c‘était en bonus track, sur la cassette! Et si tu voyais son ventre, c’est comme ses gencives, du béton… Elle peut même croquer un jambon beurre avec le nombril! (Devenant très sûre d’elle) Et puis flûte! J’vais pas m’excuser d’être classe, merde!... Je n’aurais jamais du être ta mère... Ma pauvre chérie comment allons nous faire? Non mais regarde toi!... Regarde ta mère (outrée, au bord de l’écœurement) Rien que ce mot m’écorche... Ne le prends pas pour toi... C’est pas de ta faute si tu as cette tête là!... Mais franchement, je suis inadéquate avec le décor? Non? Tout est plouc! On sent un goût prononcé pour le moche... Ah! Non, toi, ne te fais aucun souci, tu colles pile poil dans le décor… et quand je dis pile poil… je sais de quoi je parle (Interloquée) Moi? C’est moi qui ai pensé la décoration de cet affreux appartement…? (Époustouflée) Alors là, c’est incroyable!... Incroyable!... Tu plaisantes? Tu dis ça pour me .... (Avec un semblant d’humour) J’avais pris des substances… illicites?…Non? C‘est fou comme on peut changer dans la vie... C’est moi qui...? (Au bord du fou rire) Et cette pendule Claude François aussi?... (Totalement effarée) Ah! Oui, aussi... Incroyable…Ton pauvre père a du subir sans sourciller ces tableaux de famille... Non, mais c’est totally crazy! (S’approchant d’une photo, très écœurée) C’est qui cet affreux bébé plein de poils?... (Regardant sa fille puis le tableau puis sa fille) Ah! Oui, maintenant que tu le dis, effectivement tu as bien gardé la même bouille... Alors, je serais donc ta mère biologique ! Non, parce que si tu as été adoptée, dis le moi (s’approchant, interloquée, de la photo) Ça pourrait peut-être me rassurer! (Angoissée) Oh! Ça fait un choc (elle la regarde entre le dégoût et l’effroi) Peut-être qu’avec une petite coupe au carré!... j’vois pas bien, peut être rasée de plus près... ou épilée, c’est plus féminin...?!... (Voyant sa fille partir)  Tu n’es pas fâchée ? Alors sort ce menton de tes épaules on dirait un sharpey (regardant avec dégoût) non, ça fait col roulé, c’est assez vulgaire !... (se reprenant) Qu’est ce qu’il y a ? Qu’est ce que j’ai dit ?... Toi tu serais un tantinet susceptible que ça ne me surprendrait pas !...Et encore, j’édulcore, Mercédès, j’édulcore …Et bien, c’est ça … va dans ta chambre !... (Regardant sa fille partir) Si on n’arrive pas à se dire des banalités, qu’est ce que ça va être quand on va passer aux choses sérieuses !

(Protégé auprés de SACD)

Avec Vava Montéo
Mis en scène : Philippe Rondest
Avec les voix de : Marthe Villalonga – Jean.Claude Dreyfus – Nicole Dubois – Claude Allain – Laurent Chandemerle
Production : L’EnviE d’En rirE

Texte intégral disponible sur demande
l'Incroyable Histoire de Mercedes Aciendes

Création le 5 Mai 2007
au Théâtre Galli (Sanary/mer – 83)