L’histoire :
Pièce  à Sketches écrite essentiellement pour des femmes

Extrait :

Parking story

VERRA : Alors que les choses soient claires… C’est l’histoire de deux nanas… pas mal !

ZOE : Deux superbes créatures … Des beautés… même pas humaines !

VERRA : Des filles style « Santa Barbara »

ZOE : Plutôt « Dallas »

VERRA : Oh ! non, elles sont tartes dans ce feuilleton !

ZOE : En fait c’est des filles si belles qu’elles ne ressemblent à aucun feuilleton… Mensurations parfaites … 90,60,90

VERRA : Oh ! la !la ! les canons… Les mecs n’ont qu’à bien se tenir !

ZOE : Mais que font-elles ?

VERRA : Justement, c’est l’histoire de deux bombes qui campent !

ZOE : Elles campent… avec une tente ?

VERRA : Non, elles campent sur un parking

ZOE : Sur un parking ! Quelle idée originale !

VERRA : La nuit tombe, il fait froid, mais elles ont le sang chaud… Elles sont bien décidées à rester

ZOE : Hélas ! Elles n’ont qu’un sac de couchage pour deux. Je suis embétée de poser la question, mais qu’est ce qu’elles foutent sur ce parking enroulées dans le même sac de couchage… Allez, dites-moi ce qu’elles attendent ?

VERRA : Un mec, bien sûr !

ZOE : Un mec ! Quel horreur !

VERRA : Oui, en fait elles sont sur le parking de son immeuble… Porte C… La lumière du salon au 3èm est allumée

ZOE : Le salaud, vous croyez qu’il n’est pas seul ?

VERRA : En tout cas, il n’est pas avec moi !

ZOE : J’ai une autre question qui me brule les lèvres… C’est le mec de qui ?

VERRA : C’est justement là que débute la trame dramatique de l’histoire… Ces deux filles sont rivales… elle attende le même homme !

ZOE : Oh ! flute ! moi j’vous trouvais sympa !

VERRA : C’est l’histoire de deux nénettes qui sont à deux doigts de s’arracher les yeux

ZOE : Et pendant qu’elles se battent, qu’est ce qu’il fait, lui ?... Il regarde la télé

VERRA : Mais sait-il que je suis en bas ?

ZOE : C’est bien pour ça qu’il ne se met pas à son balcon… En fait ça fait des mois qu’il essaie de vous quitter et vous vous accrochez à ses parties comme les morpions en mal de stabilité

VERRA : D’autant que c’est vous qui le harcelez depuis des mois pour qu’il vous épouse !

ZOE : Comment le savez-vous ?

VERRA : Il me le confie lorsqu’il arrive à vous fuir

ZOE : Connasse !

VERRA : Pétasse !

ZOE : Salope !

VERRA : (regardant vers l’appartement) Mais… Sa mère est chez lui ?

ZOE : Non, elle est en voyage !

VERRA : Mais alors à qui appartient cette silhouette dont les obus percent les voilages ?

ZOE : C’est à ce moment que les deux bombes se sont longtemps regardées

VERRA : Et elles ont compris tout de suite que quelque chose n’était pas normal

ZOE : Il a une…

VERRA : Non, taisez-vous… C’est un mot que je ne supporterais pas !

ZOE : Face à la croissance de son harem, les deux filles se soudèrent comme jamais contre la Dolly Partton des HLM

VERRA : N’oublions pas, dans le récit, que l’homme faisait des statistiques et pensait qu’il y avait, dans le monde, trois femmes pour un homme…

ZOE : Catastrophe… Le projet de mariage de Zoé tombait à l’eau

VERRA : Tant mieux pensait l’autre qui, il faut bien le dire était celle qui le méritait le plus

ZOE : Elles allaient être désormais trois !

VERRA : Trois… Comme les trois graces !

ZOE : Une triangulaire parfaite, et pourtant il fallait en éliminer une

VERRA : Plouf plouf ! Dommage, le sort désigna la pute aux gros obus !

ZOE : Le plan était machiavélique… Une des deux se faisait passer pour la voisine ayant perdue ses clefs, pour passer la première étape de l’interphone

VERRA : Ensuite l’autre sonnait à la porte et entrait, jouant à la perfection le rôle de la femme jalouse et hystérique… « Ah ! non, Charly, j’en étais sûre… Qui est cette femme ? »

ZOE : C’est moi qui joue ce rôle ?

VERRA : C’est bien vous qui vouliez l’épouser ?

ZOE : L’homme blaphard n’ose pas regarder la blondasse blotie dans un coin ne sachant pas comment fuir… Et là, avec un étonnement des plus déconcertant, il se tourne vers miss obus et lui lance : « Chérie, je ne connais pas cette femme !... » et me sourie, en m’invitant à tenter ma chance à un autre étage !

VERRA : C’est impossible !

ZOE : Si, l’heure était grave… Petit à petit l’homme était en train de quitter les filles du parking

VERRA : Laisse tomber, Zoé… C’est un connard… On a encore pas mal de client à faire ce soir !

(Protégé auprés de SACD)

Texte intégral disponible sur demande
OU EST L'HOMME?

Création le 30 Mai 1993
au Théâtre Denis (Hyères – 83)
Cie Les Zypocrites